mercredi 22 décembre 2010

Sopó, primer vuelo en "el paraiso"

Réveillés par le soleil dans nos hamacs à Gachancipá, le temps est superbe. L'envie de voler monte, d'autant que nous nous situons sur la même ligne de crête que le décollage de Sopó, à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau. Après un bon repas cuisiné au feu de bois, nous redescendons de chez Pedro à pied pour attraper un bus jusqu'à Sopó.
Nous revoilà au même décollage qu'il y a un mois, mais cette fois-ci équipés des parachutes de secours Xtralite que nous a envoyé Sup'Air. Nous observons les pilotes locaux décoller car les conditions au déco ne sont pas encore très stables, puis nous préparons à notre tour. Tandis qu'Aurélie prend son temps et assiste à un beau branchage, Mathieu décolle et se fait rapidement catapulter à quelques centaines de mètres au-dessus du déco, qui se trouve déjà à plus de 3000 mètres d'altitude, grâce à un puissant dynamique.
Les conditions sont douces et permettent de profiter du paysage, de Sesquile jusqu'au Taj Mahal du parc d'attractions Jaime Duque de Briceño.


On finit le vol ensemble, mais on se trouve trop bas pour aller se poser sur le même terrain que les autres pilotes. On se pose alors sur le plus proche des attéros officiels, on ne peut donc pas profiter du transport collectif pour remonter.

C'est donc quasiment 10 kilomètres de marche qui nous attendent avant de retomber sur une route importante, d'où l'on attrapera un bus qui nous ramènera à Bogotá.

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Gachancipá, aux premières loges pour l'éclipse lunaire

Nous nous éloignons de la ville et de la pluie pour rejoindre Pedro dans sa « nuhe », sur les hauteurs de Gachancipá, à 50 minutes de Bogotá. Nous le trouvons affalé dans un hamac, à côté du feu, sous la hutte kogi construite par son père.
Les Kogis sont des indiens qui vivent depuis plus de 500 ans dans la Sierra Nevada de Santa Marta, dans le nord caraïbe de la Colombie sur une portion de territoire qui va de 0 à 5 770 mètres de hauteur. Ils sont les descendants des Tayronas, que la conquête espagnole a repoussés dans les montagnes. Ils sont considérés comme l'un dernier peuple précolombien, héritiers directs des Mayas, un des peuples les plus préservés de l'influence occidentale et des grandes vagues d'immigration et qui s'attache à préserver ses valeurs traditionnelles et ses pratiques chamaniques.
photo: Pedro Figueroa
On recenserait environ 12 000 kogis en Colombie, souffrant des guérillas et tentant malgré tout de survivre dans le respect de la terre et de leur culture. Ils se sentent encore de nos jours « gardiens de la Terre » qu'ils considèrent et traitent comme « sacrée ». (source : Wikipédia)

photo: Pedro Figueroa
Après une promenade nocturne dans la montagne, nous revenons à la hutte pour assister à l'éclipse totale de lune. C'est donc dans ce cadre magique, épargné de la pollution atmosphérique et lumineuse de Bogotá, que nous voyons la lune s'assombrir puis devenir entièrement brune.
photo: Lucia Ibañez
Totalement hypnotisés par le spectacle, nous ne voyons pas le temps passer et ce n'est que tard dans la nuit (tôt le matin ?) que nous nous couchons dans nos hamacs.


vendredi 17 décembre 2010

San Gil, "la capital turistica de Santander" et ses environs

Après quelques heures de bus depuis Villa de Leyva, en passant par Tunja, avant de monter à 3200 mètres puis de redescendre vers les Caraïbes, tout en contournant les multiples glissements de terrain, nous arrivons enfin à San Gil, dans la région de Santander.
Nous comprenons alors pourquoi le chauffeur du bus faisait tourner la climatisation à fond depuis un petit moment, dehors la chaleur est écrasante ! Sous les Tropiques, la différence d'altitude influe nettement sur le climat, la végétation et même les habitants. Construite à flan de montagne, la ville s'étale sur les deux versants d'une vallée encaissée. Ses rues pavées et pentues, son parc ombragé au pied d'une église coloniale lui confèrent un charme propre à la région. Bien que très touristique, la ville reste très accueillante et l'ambiance y est plutôt bonne. Tous les soirs, les gens se regroupent sur la place centrale, dans les allées du parc pour discuter, manger ou boire un verre.
Séduits par le coin, nous profitons pendant plusieurs jours de l'hospitalité de notre premier hôte CouchSurfer, Andres, pour découvrir la région. D'autant plus qu'il habite une charmante petite maison à quelques kilomètres au dessus de San Gil, perdue dans la végétation, au milieu d'arbres fruitiers (mandarines, mangues...) : le rêve !
Grâce aux bus plutôt bien organisés et bon marché, tous les jours nous découvrons d'autres villages et coins de nature, tous plus charmants les uns que les autres. Juste au dessus de "notre" maison, a 3 kilomètres, le village de Pinchote, comme tous les autres, il est organisé autour de sa place centrale avec son parc ombragé et son église, il faut dire que c'est à peu près tout mais il domine la vallée et offre une vue privilégiée sur les alentours.
Un peu plus au nord, à environ 40 minutes de route, Barichara est situé au bord d'un plateau qui domine un canyon. C'est un des plus jolis villages de la région, si ce n'est du pays, ce qui en fait forcément un endroit assez touristique. Les contrastes entre la terre rouge, les murs blancs des maisons et le vert de la végétation environnante sont frappants ! Cerise sur le gâteau, il paraît que ça vole dans les alentours. Les informations étant difficiles à obtenir, nous nous renseignons auprès d'un policier qui nous apprend à notre grande surprise qu'il est interdit de voler par ici... information qui sera démentie plus tard par un parapentiste local.
Autre haut lieu du parapente dans la région, Curití, petit village moins touristique mais au moins aussi accueillant que Barichara. L'ambiance y est calme et détendue, et ses habitants sont parmi les plus chaleureux que nous ayons rencontrés jusqu'alors ! L'activité principale de la commune n'est pas le "tourisme d'aventure", comme c'est le cas quasiment partout ailleurs dans la région, mais l'artisanat du fique, fibre végétale issue de l'agave (sorte de cactus à feuilles géantes) avec laquelle on peut quasiment tout faire : chapeaux, chaussures, sacs, bijoux, objets de déco et même des meubles ! La région vit aussi beaucoup de la production de tabac et surtout de café, dont on peut en voir les graines sécher au soleil, sur les trottoirs devant les maisons. Après avoir fait la connaissance d'un parapentiste curiteño, nous voilà en route vers le site de vol officiel, à environ 30 minutes de piste du village... mais l'orage sera plus rapide que nous et l'énorme cumulo-nimbus qui nous rattrape nous coupe très rapidement toute envie de se mettre en l'air !
Dernière tentative pour voler, nous contactons un club de San Gil pour profiter de leur navette, et de prêts de secours. Mais la malchance nous poursuit, car nous arrivons trop tard à notre rendez-vous du dimanche matin à cause des bus bondés de colombiens allant à la messe. Raz-le-bol, nous profitons tout de même du reste de la journée pour découvrir les cascades de Juan Curí, voiles sur le dos. Pas très pratique pour la découverte du site, d'autant plus que les accès sont  équipés de cordes et d'échelles de fortunes permettant de franchir les différentes cascades, dont la principale fait 180 mètres. C'est donc à tour de rôle que nous partons explorer les chutes d'eau, l'endroit est magique surtout que nous nous y trouvons seuls.
Puis nous quittons San Gil pour revenir à Bogotá, récupérer les parachutes de secours que nous fait parvenir Sup'Air.